L'été est de retour. Les années se suivent et ne se
ressemblent pas forcément. Dans le cas présent, fort heureusement d'ailleurs,
cette affirmation se révèle être exacte puisque, l'an dernier pour la
Pentecôte, j'étais allé dans mon bled natal, en Charente, visiter famille et
amis.
Généralement, les séjours sont courts et je n'ai jamais le temps de voir
tous ceux avec qui j'aimerais converser ne serait-ce qu'un furtif instant, ceux
avec qui j'ai longtemps festoyé dans ma jeunesse et dont nous avons à l'esprit dormant
la mémoire d'un passé commun. Au fil du temps, les années que j'ai passé sans
les revoir se sont considérablement allongées.
Tous les ans pour la Pentecôte, c'est la fête foraine de mon
village. On appelle cela chez nous la frairie. Il y a des manèges, des courses
cyclistes, des concours de pétanque, des rallyes pédestres et VTT et le tout
est clôturé d'un feu d'artifice où les enfants émerveillés de générations en
générations s'écrient encore de nos jours : "Oh la belle bleue, oh
la belle jaune", ou encore certains marchands de fromages "Oh Label
rouge". D'autres enfants moins hardis sanglotent de peur. La cerise sur
le gâteau étant la présence de la fanfare locale, avec ses majorettes et ses
quelques couacs sans lesquels cette fanfare n'en serait pas une vraie,
considérant qu'une manifestation est trop policée pour être honnête.
Tout cela pour dire que c'était l'occasion rêvée de voir
tout le petit monde que j'ai connu en un seul week-end, car je n'ignorais pas
que tous seraient venus ou presque aux festivités pré-estivales.
Seulement voilà, c'était compter sans le mauvais temps qui a
sévi durant tout le week-end. Du coup, j'ai eu beau arpenter en long, en large
et en travers les allées des manèges, il n'y avait pour ainsi dire pas âme qui
vive.
Cette année, au contraire, l'ambiance fut bien meilleure. Le
soleil et la chaleur étaient au rendez-vous, de même qu'une foule de touristes
dont pas mal de parisiens, on se serait vraiment cru au mois de juillet ou
d'août tant il faisait beau et tant la populace était gaie. Gageons que c'est
de bonne augure pour l'été qui s'annonce, même si certains commencent déjà à
râler parce qu'il fait trop chaud. J'étais en tournée ce matin et j'ai pu
entendre d'ores et déjà ce discours là : "Vous ne trouvez pas qu'il
fait chaud ?" "C'est pas du temps de saison ça … ! "
Il est vrai que si la Bretagne commence à ressembler à la
Côte d'Azur, où va-t-on ! |