Dans la grisaille sombre d'un cerveau malmené
La rouille s'insinue dans l'esprit tout entier
Les cellules se brisent au rythme des vautours
Les yeux traduisent l'angoisse avouée du non retour
Le désespoir de l'âme, la détresse du corps
Déchiqueté par la came, accablé par l'effort
De résistance active, du soutien par la vie
Empreint tout de salive, c'est la fin, l'hallali ;
Quand la masse exténuée dans un dernier sursaut
S'arque-boute au sentier de la mort c'est l'assaut
Avant le dernier somme dans un ultime hommage
Accomplissement d'un homme par un concert d'images.
Dans le théâtre de l'exploit le silence applaudit
Ce que l'esprit perçoit c'est le bien c'est la vie
Des souffrances et des maux aucunes traces aucun doute
Evaporé disparu envolé une joute
Sensations douces effluves odeurs anachroniques
Exit est Belzébuth et ses desseins cyniques
Un sourire un visage un icône un regard
Sont autant de diapos pour un visage hagard
La cadence effrénée des images visionnées
Tourbillon insensé c'est la vie répétée
Où l'on vibre en un bloc chaque seconde à tout voir
Et seul le corps en loques a perdu sa mémoire ;
Dans l'antre du ciné la projection s'achève
Le mort est inhumé la procession se lève
Le décor s'évanouit une autre dimension
Surgit et c'est inouï c'est l'hallucination
Une lumière intense inonde l'univers
S'avance une Déesse aux cheveux d'or bouclés
Vêtue d'une tunique aux couleurs de chimère
Elle arbore un sourire à m'envoyer valser
Une danse énergique où seule mon âme vibre
J'acquiers la connaissance et comprends chaque chose
Je deviens euphorique sans pour autant être ivre
Tout est si féérique si parfait c'est l'osmose ;
L'ex monde est grabataire le sang coule à torrents
Se répand sur la terre s'enroule aux pieds des grands
Il deviendra la mer un océan de larmes
Engloutira les guerres et ses émules en armes
Si l'enveloppe charnelle génère dans nos regards
La vision d'un Homère s'abreuvant d'un nectar
Le jour viendra pour toi si tu sais bien attendre
Cultivant ton grand cœur dur enfant et vieux tendre
Jusqu'à ce qu'il devienne pesant prêt à se fendre
Et tout à l'heure nul doute renaîtront bien tes cendres |