"L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir, et je l'aurai".
Aujourd'hui 27 janvier est un jour particulier pour moi. Les
journées que j'affectionne en hivers sont plutôt rares. Celle-ci en fait partie.
Le prix d'Amérique Marionnaud, du nom de son parrain, est
une course hippique de trot attelé, se déroulant à Vincennes, depuis l'an 1920. Les meilleurs trotteurs du monde se retrouvent en lice, à l'exception des "hongres", bannis de ce type
de course.
C'est à Paris que je me suis pris de passion pour les
courses hippiques lorsqu'habitant dans la proximité de l'hippodrome, j'ai fait
la connaissance d'un certain Ourasi. C'était un cheval hors normes, tant du
point de vue de ses performances que de son caractère entier.
Il gagna 4 prix d'Amérique, ce qui constitue encore aujourd'hui
le record du genre, avec une facilité déconcertante, et avec un sens inné du
spectacle. Il avait également cette particularité de gérer lui-même sa course,
le driver n'était finalement à son sulky que pour le faire valoir et les
honneurs aussi quand même. Ourasi connaissait le parcours de Vincennes, se
plaçait idéalement lors du déroulement des courses à sa seule initiative avant
d'exécuter magistralement tous ses adversaires dans la ligne droite finale.
Les places du prix d'Amérique, à la fin des années 1980,
étaient déjà très "chères", tant il y avait du monde. J'y allais dès le matin, pour être certain d'avoir
une place où je pouvais jouir du spectacle à l'heure J. Le spectacle ne durait
que quelques minutes, mais quel délice. La pellicule du film est toujours
gravée dans ma mémoire, et j'en fais la lecture lorsqu'à ces moments précis d'anniversaire,
l'occasion s'en présente.
Ourasi ne faisait pas seulement partie de la génération des
cracks, il était encore au dessus et il reste aujourd'hui plus que jamais, à 28
ans cette année, une légende vivante du trot français et international. Les chevaux, dans l'hexagone, ne peuvent plus courir après leurs 10
ans.
Voilà pourquoi aujourd'hui est un jour particulier pour moi
et délectable, c'est le jour J du prix d'Amérique. Il n'y a pas de grand crack
cette année et la course est plutôt ouverte. Mes préférence vont respectivement vers "Meaulnes du Corta", le 16, "Kool
du Caux", portant le numéro 18, et "Nouba du Chaptel",
affublée du numéro 6.
Quant à Ourasi, il continue de couler des jours paisibles dans le pays du Calvados (14) et il est possible de lui rendre visite, il faut seulement prévenir de votre arrivée d'abord. Si d'aventure l'envie vous en prenait, prenez avec vous des pommes de chez golden, il en raffole.
Ce n'est pas pour autant un "golden boy", d'autant que le jeu en "bourses" n'a jamais été son fort, dans la mesure la reproduction de sa descendance fût un fiasco. A tel point que nombreux sont ses propriétaires qui n'ont plus eu la délicatesse d'aller lui rendre viste au motif sombre qu'il ne rapportait plus d'argent. Il était devenu pour eux un vulgaire cheval de boucherie, sans autre attrait particulier.
Fort heureusement, la gratitude des uns pallie à la cupidité des autres et nombreux sont ceux qui lui expriment ce sentiment et l'honorent.
Ah oui, j'oubliais, le 27 janvier, c'est aussi
accessoirement l'anniversaire de ma femme … ! |