
Le système économique mondial a du plomb dans l'aile. La
récession américaine venue des confins de la crise immobilière somme toute
récente a largement de quoi nous alarmer aujourd'hui. Nonobstant le fait que de
nombreux actionnaires ont morflé et vont continuer à morfler sur les cours de
la bourse, c'est surtout la population du travail et les chômeurs qui vont
sentir passer l'ampleur de la crise dans les semaines et les mois à venir, les
actionnaires ont, quant à eux accumulé suffisamment de richesses et ont de quoi
voir venir. Pour ceux qui seraient ruinés, c'est le phénomène de la roulette
russe comme on dit et ils en connaissaient les risques. Les conséquences d'une récession comme celle des Etats-Unis,
dont les cours à la bourse ont reculé de 8,8 % depuis le début de l'année,
tandis qu'à Paris, c'est de l'ordre de 9,3 %, c'est bel et bien le signe avant
coureur d'un recul significatif du pouvoir d'achat des ménages, une
augmentation de l'inflation et une aggravation du chômage. Comme si nous avions
besoin de cela.
Les dirigeants de ce pays veulent minimiser la portée des
évènements, mais bon nombre de politiques et économistes éminents n'hésitent
plus à comparer cette crise à celle de 1929. On sait ce qu'il advint par la
suite, ce fût la seconde guerre mondiale.
Cette situation ne doit rien au hasard, et il faudrait être
aveugle ou sournois pour ne pas comprendre enfin que la gestion existante du
système économique n'a d'autre but que réaliser des bénéfices pour le fun et
non pour procéder à des investissements à moyen et long terme, pour faire vivre
et prospérer la société de demain. De fait, la répartition des richesses est à
ce point disproportionnée que c'est tout l'édifice socio-économique qui est à
la veille de s'écrouler.
Il n'y a plus aujourd'hui, dans la sphère politique
notamment, des hommes et des femmes, animés d'une saine idéologie, qui soient
en mesure d'enrayer cette irrésistible ascension. Nos repères ont été kidnappés
et gardés aux archives. Qu'il ne soit pas question de moralisation de la vie
publique lorsqu'il s'agit de capitaux privés. C'est bien là le drame, celui de
ne s'apercevoir de ses erreurs qu'au moment de presser sur la détente. |