Nous sommes tous des enfants de marins, navigateurs en
solitaire pour une traversée temporelle. Nous connaissons tous notre point de
départ, chacun ignore pourtant quand s'achève son propre voyage.
Voguons-nous finalement vers un nouveau monde comme le
firent, jadis, des aventuriers de l'océan qui ignoraient encore si la Terre était
plate ou ronde et, bien que quelques thèses scientifiques de l'époque étayaient
la seconde hypothèse, défiant l'institution catholique pour le bénéfice de l'humanité, il fallait avoir du cran pour que les équipages d'alors se risquent à affronter
non seulement l'océan et ses ires de l'occasion, mais peut-être aussi et
surtout leurs propres démons.
Nous sommes tous des navigateurs solitaires, enrôlés de force
à la naissance, en quête de tout ou de
rien, selon les capitaines de vaisseaux sans gains, à traverser un océan de
vide, comme un funambule voyage sur son fil.
La quête du but final est périlleuse pour un navigateur
solitaire. Il lui faut affronter tous les dangers qui pourraient endommager son
embarcation corporelle, jusqu'à abréger son voyage.
Combien de vaillants capitaines ont-ils ainsi disparus,
depuis le quaternaire, à l'échelle du monde, et dont nous ne sommes témoins que
d'une si faible poignée, sur notre propre trajet, je n'ose imaginer le nombre
tant il m'effraie.
Les tempêtes que nous devons subir parfois devraient être de
nature à nous poser les bonnes questions
sur notre environnement, ou comment continuer le voyage dans la course à la
traversée en solitaire.
Nous ne ressortons jamais indemnes d'une tempête sous crâne
et l'océan sans fin sur lequel nous passons taraude nos âmes jusqu'à leurs
derniers souffles devant.
Je viens de démâter dans une de ces tempêtes, je rentre donc
au port pour réparer et vous laissent donc continuer la course sans moi, non
sans et moi toutefois.
Bon vent matelots. |