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Le brick à vrac
lundi 31 mars 2008, a 17:31
Opinion pubique
 



L'opinion publique est une expression employée, par le pouvoir politique essentiellement, pour qualifier ce qui pourrait être l'expression d'une masse populaire, et s'agissant de sujets cruciaux ou jugés comme tels pour et par la société.


L'opinion publique s'est souvent exprimée dans les manifestations publiques sur des sujets sensibles tels que l'avenir de l'éducation nationale, ou encore par exemple sur le maintien ou l'abolition de la peine de mort.


Les idéologies politiques furent, davantage qu'aujourd'hui, la courroie de transmission de l'expression populaire. On peut admettre qu'en des temps anciens déjà, l'opinion publique fût manipulée à loisir par toute organisation ayant des intérêts à se servir de sa température pour accomplir ses desseins.


Or, on assiste, depuis de nombreuses années maintenant, à un transfert du pouvoir de l'opinion publique vers le pouvoir politique, qui utilise ce moyen comme celui d'une propagande pour son propre compte, avec un allié devenant chaque jour plus puissant, les médias.


On pourrait même dire que l'opinion publique serait utilisée comme le socle de la démocratie, consistant à faire croire à ses membres qu'ils sont acteurs des décisions opérées par le pouvoir.


Certains sociologues, comme Pierre Bourdieu, considèrent d'ailleurs que l'opinion publique est un leurre, qu'elle n'existe pas. Il développe sa thèse en s'appuyant sur le diktat économique, qui est en opposition avec la production culturelle, à l'appui d'une symbolique qui donne à l'une une importance qu'elle n'a pas et à l'autre une importance qu'elle devrait avoir, mais qu'elle n'a plus, et le tout résultant d'une vision symbolique foncièrement arbitraire.


Historiquement, l'opinion publique serait révélée au siècle des Lumières, autrement dit au 18ème siècle. Pourtant, dans l'antiquité grecque, Platon repère déjà l'expression populaire en disant d'elle qu'elle est immature et superficielle.

 

Pierre Bourdieu : Sociologue français, (1930 – 2002)

dimanche 30 mars 2008, a 09:54
Le cercle des poètes disparus
 



Stances à Marquise

 

Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne vaudrez guère mieux.

 

Le temps aux plus belles choses

Se plait à faire un affront ;

Il saura faner vos roses

Comme il a ridé mon front.

 

Le même cours des planètes

Règle nos jours et nos nuits :

On m'a vu ce que vous êtes ;

Vous serez ce que je suis.

 

Cependant j'ai quelques charmes

Qui sont assez éclatants

Pour n'avoir pas trop d'alarmes

De ces ravages du temps.

 

Vous en avez qu'on adore,

Mais ceux que vous méprisez

Pourraient bien durer encore

Quand ceux-là seront usés.

 

Ils pourront sauver la gloire

Des yeux qui me semblent doux

Et dans mille ans faire croire

Ce qu'il me plaira de vous.

 

Chez cette race nouvelle

Où j'aurai quelque crédit,

Vous ne passerez pour belle

Qu'autant que je l'aurai dit.

 

Pensez-y, belle Marquise :

Quoiqu'un frisson fasse effroi,

Il vaut bien qu'on le courtise

Quand il est fait comme moi.

 

Pierre Corneille

samedi 29 mars 2008, a 21:00
L'olivier sans tes nerfs !
 




Extrait du magasine  "médecine douce".


L'olivier a ses vertus, selon la médecine. L'extrait de sa feuille, commercialisée dans les magasins bio sous le nom de substance active, le D-Lenolate, est, avant tout, un prodigieux stimulant immunitaire.


Spécialisé dans le traitement de la candidose (1) et des mycoses.


Mais, d'après les médecins et patients concernés, également capable d'améliorer grandement et de guérir beaucoup d'autres affections parmi lesquelles on retiendra tout spécialement l'arthrite et ses douleurs, la grippe et diverses autres infections, les sinusites, toux, otites, les problèmes dermatologiques et, bien sûr, la fatigue.


Beaucoup de patients ont témoigné du manque d'énergie et d'enthousiasme qui les minaient depuis longtemps avant d'avoir tenté la cure de D-lenolate.


L'état d'esprit s'améliore tout d'abord, sans surexcitation ni insomnie, et les "brumes" du cerveau dues à la fatigue se dissipent progressivement, avec douceur mais de manière définitive.


Et même certains patients souffrant de fibromyalgie (2) retrouvent l'espoir grâce aux quelques améliorations que leur apporte ce remarquable complément nutritionnel.


Un petit coup de pompe ? N'hésitez plus, manger un olivier avant chaque repas.


 

(1)    Candidose : Les candidoses sont des infections dues à des levures, dont certaines espèces peuvent être pathogènes pour l'homme. Les facteurs essentiels sont essentiellement les champignons et se manifestent au niveau du tube digestif et pharynx.

 

(2)    Fibromyalgie : Cette maladie, touchant plus spécifiquement les femmes, serait d'origine rhumatismale et affecterait notamment le comportement.

vendredi 28 mars 2008, a 17:32
L'ile sur le toit du monde
 



Des milliers de minorités existent de par le monde. On entend par minorité un groupe d'individus dont l'appartenance religieuse, nationale et la langue  sont des  particularités vis-à-vis de l'ensemble d'une population composée. Les tribus, les autochtones ou encore les indigènes sont autant de minorités qui furent envahies, conquises par les armes, occupées ou colonisées.


 Les minorités sont contraintes, à moins d'exercer des rapports de force avec les autres communautés, de s'intégrer et adopter de fait le mode de vie de la majorité. Certaines d'entre elles, comme l'Erythrée, ont obtenu leur indépendance par rapport à l'Ethiopie.  Il à noter dans ce dernier cas en substance non négligeable que l'Erythrée est aujourd'hui considérée comme étant la pire dictature existant dans le monde actuel.


Le Tibet, là où je voulais en venir, sujet brûlant et tristement d'actualité, est un sujet qui est repris  un peu partout, ici ou là, et c'est tant mieux, puisque cela prouve que son existence et sa survie suscitent énormément d'émotion dans les opinions publiques et que la dictature chinoise est unanimement rejetée par la communauté humaine.


Le Tibet est donc avant tout une communauté sans Etat, puisque ses membres vivent sur cette terre sans que celle-ci ne soit constituée en Etat.


Sur les quelques six millions de Tibétains qui composent cette collectivité, 1/3 d'entre eux sont exilés, soit deux millions de ses membres, en Inde ou au Népal pour l'essentiel. Le Dalaï Lama est leur chef spirituel.


Le Tibet est une région intégrée aux pays de l'Himalaya, sur le "toit du monde", Himalaya signifiant "séjour des neiges". Il s'agit d'un haut plateau isolé traversé d'est en ouest par plusieurs chaînes montagneuses.


Tintin au Tibet, l'œuvre de Hergé considérée d'ailleurs comme l'une de ses meilleures créations, contribua mine de rien à promouvoir cette contrée pour ses paysages, mais aussi sa culture.


Le Tibet a été annexé par la Chine en 1700, puis a retrouvé une indépendance en 1912.


Mais en 1951, le pouvoir chinois Maoïste décide de détruire la culture tibétaine. Il entreprend de raser quelques 6000 monastères, en activant une répression des plus sévères.


Un soulèvement tibétain a lieu en 1959 par le peuple, mais la rébellion est rapidement contrôlée par le pouvoir chinois et les tibétains massacrés. Les chinois sont ensuite encouragés à s'installer en leur lieu et place sur leur territoire.


Inutile de dire que depuis tout ce temps, ce qu'on peut appeler sans risque un génocide, à la vue du monde entier, est entré en phase terminale, à moins que l'Occident ait suffisamment de cran et de considération pour la démocratie, puisque nous sommes supposés exister par elle, pour que le peuple tibétain puisse à nouveau caresser l'espoir de survivre et prospérer en paix sur son toit du monde.

mardi 25 mars 2008, a 20:50
Attention aux coups de sommeil !
 




Le sommeil est un état d'inconscience dans lequel nous sommes plongés, au cours duquel l'activité corporelle est sensiblement ralentie. La respiration diminue et la circulation sanguine également. La musculature, chez moi très abondante par ailleurs, même s'il faut bien chercher pour la trouver, se relâche, notre cerveau se met en quelque sorte en mode veille. Il est impossible d'étudier ou de réfléchir en dormant. Il convient toutefois, selon quelques études scientifiques, de dissocier le sommeil de veille et le rêve, qui font se diviser une vie an trois phases majeures, à savoir l'éveil, le sommeil profond et le rêve.


Le mécanisme du sommeil n'est pas pour autant aussi simple qu'il en a l'air, en ce sens que nous sommes capables de réagir dans des phases de sommeil à des facteurs extérieurs, contre toute logique.


Une mère ou père par exemple sera réceptif assez rapidement dans la mesure où sa progéniture serait  en difficulté, pour quelque raison que ce soit, même mineure, tandis que ces mêmes personnes seraient totalement déconnectées et imperturbables en présence d'une activité extérieure, produisant une quantité de décibels importante, mais étrangère à la vie familiale courante.


Le sommeil est fort heureusement réversible, nous récupérons quasiment immédiatement de toutes nos facultés mentales et physiologiques dès le réveil, sauf à sortir d'un coma artificiel, ce qui reste marginal par chance.


Le sommeil est un mystère car le seul fait de dormir ne suffit pas à un organisme pour son effet récupérateur. D'ailleurs, en cas de dérèglement du sommeil, dont la durée moyenne par individu est estimée à 8h00, dans le cas où nous passerions une nuit blanche, cela n'affecterait en rien nos capacités habituelles.


Tout au plus, nous dormirions peut-être un peu plus dans les deux ou trois jours suivants, mais pas à la hauteur du sommeil perdu.


Les chercheurs sont actuellement en mesure d'observer le comportement organique et annoter ainsi les changements qui s'opèrent sur ce plan en phase de sommeil. En revanche, il est illusoire de penser qu'il pourrait en être de même s'agissant de l'activité cérébrale, donc le domaine de la pensée et de son activité toujours en mouvement, mais dont l'appréhension ne peut en aucun cas être captée.


L'électroencéphalogramme permet d'enregistrer les différentes étapes du sommeil, par représentation graphique, mais l'activité du cerveau demeure un secret bien gardé.


Et quand un secret est bien gardé, on peut dormir sur nos deux oreilles.

lundi 24 mars 2008, a 10:06
L'oie du marché
 




Le marché est un endroit convivial, où se rassemblent des commerçants, producteurs, des artisans et animateurs en tous genres, pour proposer aux consommateurs que nous sommes un certain panel de produits frais et variés, innovants ou insolites.


Le marché a un charme indéniable. D'une part, il n'a pas lieu tous les jours, sauf dans certains arrondissements parisiens, il est animé et bruyant, nous offre des odeurs alléchantes, la bonne humeur y est de rigueur, les produits qui y sont exposés sont, d'une manière générale, de bonne qualité et le seul inconvénient que nous pourrions objecter, à ce sujet, c'est la cherté qui fait la loi du genre.


Toutefois, certaines astuces permettent de contourner ce problème, ponctuellement, selon la nature des produits, les périodes d'achats, à savoir s'il s'agit de denrées périssables rapidement ou non, dont la non vente en fin de marché permet d'en négocier l'achat, c'est toujours mieux pour le vendeur de solder plutôt que de jeter.


S'agissant de produits non consommables, la négociation de leur achat dépendra du succès du nombre des ventes qui s'ensuivront.


Attention toutefois, les marchands, ne nous y trompons pas, ont l'art et la manière de nous embobiner, c'est leur métier, si ce n'est une vocation. On pourrait même appeler cela un jeu si, en filigrane, il n'y avait cette récurrente question d'argent.


Ce type de transaction nous donne un cliché tout à fait peu ordinaire, amusant, joyeux, ennuyeux, exaspérant, très drôle, mais ces scènes ne nous laissent jamais indifférents, ni uniquement des spectateurs passifs. Chacun de nous y a un rôle.


Du marché type, c'est les Halles que je préfère. C'est un endroit fermé, véritable caisse de résonance où se révèle l'activité dense et animée, à l'image d'une cité miniature, ou bien alors plus abstraitement d'une fourmilière, c'est magique.


Ce type de marchés, les Halles, sont particulièrement concentrées dans le sud Parisien, mais on en trouve partout, avec d'ailleurs des styles d'architectures plurielles. On en trouve une par exemple à Villebois Lavalette, aux portes du Périgord, petite ville méconnue, mais dont les vertus de présentation du site des Halles laissent à l'imagination un parfum d'ambiance indescriptible.


Lorsque madame Woogy et moi-même allons au marché, nous nous séparons immédiatement, car nous savons l'un et l'autre que nos centres d'intérêts sont quelque peu différents. J'ai un faible pour tout ce qui attrait à l'alimentaire ou, devrais-je dire, le fleuron de la gastronomie et du terroir réunis, tandis que madame préfère la confection, les parapharmacies, les étalages de bibelots en tous genre.


Généralement, nous nous donnons rendez-vous à un endroit précis, à une heure précise. La plupart du temps, nous ne respectons ni l'un, ni l'autre, l'une des règles que nous nous étions fixées et cela se termine en pugilat, façon de parler bien sûr.


Pour ma part, lorsque j'arrive au marché, je commence par l'inspection de toutes les poissonneries, les boucheries, les charcuteries, les marchands de légumes pour répertorier tous les produits exposés qui suscitent chez moi un intérêt. Après avoir établi une comparaison qualitative globale, je recommence pour affiner les critères de sélection et, ensuite, je regarde les prix.


Mon esprit se transforme alors en une caisse enregistreuse avec option transformation des francs en euros et réciproquement. A cet instant, je suis sourd à toute sollicitation, d'où qu'elle émane.


Une fois accompli ce rite, je sélectionne les quelques produits dont je suis à peu près certain de vouloir faire l'acquisition, et je refais un dernier tour pour m'en convaincre. C'est l'instant de vulnérabilité, celui où le vendeur, implacable calculateur, ressent cet état méditatif et, c'est un véritable tour de force, il vous canalise au bon moment, dans une foule pourtant dense et vous entraîne dans son antre.


A cet instant précis, il utilise tous les artifices imaginables pour vous déstabiliser et vous amener, inexorablement, à opérer une transaction immédiate et vous coupe autant que faire se peut de toute réflexion utile, de toute capacité à réagir contre sa volonté, celle qu'il a de vendre et celle qu'il a de vous en convaincre.


Qui peut oser prétendre n'avoir jamais été piégé par un vendeur malin, usant de la compassion, grattant les cordes sensibles qui constituent nos points faibles, arguant de l'absolue nécessité de tel ou tel objet, bref, faisant son métier en somme.


Finalement, on est confronté, à aller au marché, à la cohabitation devenue inhabituelle avec nos congénères, ce qui nous projettent à nouveau dans le cycle de l'humain acceptable, avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte, ce qui contraste tout de même avec les hypermarchés gigantesques, où les gondoles vomissent leur marchandise à 90 % inutile.


A bien y regarder, on peut même se demander de quel côté de la gondole se trouvent les légumes,  les allées et venues des consommateurs que nous sommes tous, ceux qui arpentent les allées comme un seul homme, les hauts parleurs qui bafouillent des annonces inintelligibles et quelquefois inaudibles, des caisses où le client s'engouffre, mais le goulot est plein et il s'impatiente, laisse s'exprimer son humeur maussade.


Qu'il se rassure, le gentil consommateur du futur, des caisses automatiques se mettent en place, petit à petit et, pour son plus grand bonheur, il passera encore plus inaperçu qu'il ne l'est déjà, bien malin qui pourra dire même s'il existe vraiment.

dimanche 23 mars 2008, a 09:24
Le cercle des poètes disparus
 




Apparition

 

 

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

-  C'était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie, aimant à me martyriser,

S'enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un Rêve au cœur qui l'a cueilli.

J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli,

Quand, avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

 

Stéphane Mallarmé

samedi 22 mars 2008, a 13:43
Petit conte de Pâques
 




Il était une fois un petit garçon qui s'appelait PâquesMan, mais son diminutif était Pacman. Il mangeait à peu près tout ce qui pouvait être mangé. Pacman adorait particulièrement le chocolat.


La veille du jour de Pâques, Pacman décida de suivre le lapin de Pâques, lorsque celui-ci sortirait, pour voir où il les cacherait. Il attendît de longues heures, embusqué dans un recoin de la maison, jusqu'à ce qu'il aperçut enfin Jeannot le lapin.


Jeannot regarda furtivement autour de lui pour voir si personne ne surveillait ses faits et gestes. Mais il ne pût s'apercevoir de la présence du petit garçon, bien trop malin pour se faire remarquer. Lorsque Jeannot sortît, Pacman le suivît discrètement, à pas feutrés. Il inscrivît ensuite soigneusement sur un petit carnet chaque endroit ou il avait déposé ses œufs.


Quand le lapin eût terminé son œuvre, il s'en alla joyeusement dans sa tanière, faire une sieste bien méritée.


Pendant ce temps, Pacman n'y tenait plus. Il brandissait maintenant une poche intermarché, ou bien alors des magasins U, je ne sais plus, Pacman était plutôt de la graine de champion d'ailleurs. Il eût vite fait de le remplir des précieux objets que le lapin Jeannot avait soigneusement camouflé dans le jardinet. Une fois son dur labeur accompli, il s'en retourna chez lui et, alors qu'il s'apprêtait à dévorer son larcin, la fatigue s'empara de lui et il s'endormît paisiblement sur son petit lit.


Le lendemain matin, Pacman s'éveilla au son de clameurs qu'il entendît au dehors.


" -  J'en ai un, j'en ai un ! " Entendait-on.

" - Moi aussi, moi aussi ", répondait l'écho sans véritablement répéter la même chose.


Pacman s'étira lentement, souriant à lui-même et se disant qu'il ne servait à rien de courir dans tous les sens, qu'il suffisait comme lui d'être malin, un point c'est tout.


Tandis que ses amis se débattaient comme de beaux petits diables, au dehors, pour ramasser tous les œufs qu'ils pouvaient trouver, lui prenait tranquillement son temps, savourant l'instant fatidique où son larcin finirait immanquablement dans son estomac piailleur.


Et dehors, on entendait :


" - J'en ai un autre, j'en ai un autre."

" - Moi aussi, moi aussi", répondait l'insolent écho.


Tout à coup, Pacman ressentît une étrange inquiétude, se demandant comment ces enfants pouvaient trouver encore des œufs, alors qu'il avait suivi Jeannot le lapin toute la soirée et avait soigneusement noté chaque endroit où il s'était arrêté.


Alors, il ouvrît fébrilement la poche de chez Auchan près d'un carrefour, et ce qu'il vît dedans l'horrifia, le stupéfia, le cloua sur place, le laissa sans voix, donc sans écho.


A l'intérieur de la poche de chez mammouth, des crottes de lapins.

" - Ah, mais quelle horreur", s'écria-t-il tout à coup, au, comble du désespoir.

" - Ah, mais quelle erreur", répondit l'écho en écho.


Le lapin qui était sorti de la maison n'était point parti pour cacher de quelconques œufs de Pâques, mais simplement était allé assouvir quelques besoins naturels qu'il n'avait pu satisfaire au cours de cette longue journée passée dans la maison sans pouvoir sortir.


La morale de cette histoire, c'est que notre ami Pacman aurait été mieux inspiré que de rester sagement avec ses petits camarades à attendre impatiemment, certes, mais attendre tout de même que le moment soit venu de participer à la fête.


Au lieu de cela, il n'avait pour seul butin que de petites crottes de lapins.


Mais comme à toute chose, malheur est bon, dit le dicton, et c'est ainsi que Pacman sût que Jeannot le lapin n'était point un ovipare, mais un mammifère rongeur et il se dit que l'année prochaine, il se cacherait, mais cette fois-ci dans le poulailler.

vendredi 21 mars 2008, a 10:41
Pluie à Noël, nuages opaques !
 



En cette année 2008, bissextile de surcroît, Pâques converge avec le printemps dans quelques millions de foyers. En ces temps incertains, notamment en Bretagne où des trombes d'eau s'abattent sans discontinuer sur la terre déjà bien imbibée, nous avons convenu ici qu'exceptionnellement, cette année encore, nous ne cacherions pas les œufs de Pâques dehors. Oui, il convient de comprendre que les enfants ne sachant ni nager, ni plonger en apnée, les œufs de Pâques seraient naturellement mieux à l'abri au grenier, à condition toutefois que le déluge auquel nous faisons face ne monte pas jusque là pour une fois.


Puisque nous parlons de Pâques, il serait utile de rappeler que nous célébrons là une fête religieuse, à savoir la résurrection de Jésus Christ. Trois jours après sa mort, il ressuscita, monta au ciel et alla est grand, heu … alla s'asseoir à la droite du Père.


Depuis lors, cela fait bien 2000 ans, nous n'avons pas eu de nouvelles de lui et nous ignorons à ce jour s'il est toujours assis ou non.


Toutefois, je voudrais vous conter une étrange histoire qui s'est produite récemment. L'évènement m'a été rapporté par une jeune infirmière, venant me prodiguer des soins disons … de convalescence, à mon domicile.


Mon amie infirmière me raconta comment un homme, qui était dans le coma, étant considéré perdu par le corps médical, s'en revînt sur terre par je ne sais quel miracle. Il lui fallut énormément de temps pour revenir à lui et retrouver tous ses esprits.


Une fois que cela fût fait, il commença à raconter une histoire insensée, qui d'une certaine manière remettait en question non pas l'existence de Dieu, mais celui du dogme. Il fût donc décidé, après que le corps médical en ait fait part aux autorités de l'état, sous le sceau du ministère de la défense, que ce secret ne serait point divulgué et gardé au secret.


C'est la raison pour laquelle je n'en parlerai que sur ce blog.


 Ainsi, l'homme raconta qu'il était tombé dans le coma, s'était réveillé dans un tunnel, avait marché un peu et, au bout du tunnel, il vît de la lumière. Il marchait sur ce qui semblait être des nuages, ou de la barbe à papa, et dont les lambeaux remontaient jusqu'à hauteur de son visage. Mais, notre homme était bien trop occupé à repérer les lieux pour y goûter pour voir si cela en était.


Il arriva dans une grande salle dorée, moquette en forme d'océan et tapisserie de nuages et, près d'un fauteuil, il aperçut une forme humaine qui lui tournait le dos face à ce qu'il devina être un ange.


Oui, ce dernier avait en effet des ailes. Il s'approcha subrepticement pour s'apercevoir que les deux êtres étaient en conversation et écouta :


"- Oui bonjour monsieur, qui êtes-vous" ?


L'homme qui était de dos parût offusqué de la question et surtout qu'il ne soit point reconnu par son interlocuteur.


"- Comment ça monsieur ? Mais, je suis le pape Jean Paul II … !"

L'ange le dévisagea, un tantinet déconcerté.


"- Le quoi … ?"


"- le pape, voyons, le représentant de Dieu sur terre quoi ..."


L'ange :


"- Ah oui, mais bien sûr, pardonnez-moi,  je reviens dans un instant."


Mort de rire, si on peut dire, car au Paradis on ne meurt jamais,  il va voir Jésus et lui dit :


"- Salut Jésus, tu es bien assis ? Ah oui, c'est vrai, ça fait 2000 ans. Alors cramponnes-toi, j'en ai une bonne. Tu te rappelles du Club qu'on a créé il y a 2000 ans sur terre donc depuis que tu es assis, eh bien il existe encore... !"


Et voilà comment Jésus resta assis, mais que le mystère fût levé.

vendredi 21 mars 2008, a 09:09
Blog en détresse
 

Il est hélas pénible de constater jour par jour que la misère s'insinue partout, à des degrés divers, sous des formes parfois très agressives comme je l'ai lu sur un blog de Mongenie hier.


Aujourd'hui donc, je mets en lien son adresse de blog et, si le cœur vous en dit, amis qui me lisez, n'hésitez pas à lui mettre un petit message d'encouragement ou de réconfort. Il suffit de peu de choses parfois pour faire basculer le moins vers le plus ou le moins pire.

 

                                http://patsan.blog.mongenie.com/

jeudi 20 mars 2008, a 09:51
Rien ne sert de séduire, il faut conclure à point !
 




La séduction : Nom féminin, qui désigne le pouvoir d'attraction d'un être sur un autre.


La séduction peut être pure ou calculée. Elle est une arme par laquelle le séducteur cherche à obtenir d'un tiers un objet de ses désirs.


Généralement, la séduction est liée à l'attrait d'une personne pour une autre. L'objectif sera sa conquête. Toutefois, à partir des sentiments qui dominent, la séduction ne sera pas seulement au service d'une sombre machination, mais également le prolongement naturel de sentiments animés qui cherche à satisfaire aux desideratas du séducteur et du "séduit".


L'arrivée prochaine du printemps est, dit-on généralement, propice à user de ses charmes et à vivre une courte période d'enchantement. C'est la saison de l'amour. Une fois ce cycle accompli, la séduction n'a plus de véritable raison d'être, au moins dans son fondement.


Le charme est lié à l'être. Selon qu'il sera timide ou entreprenant, sa capacité à séduire sera déterminante et il est probable que le purisme de la séduction est plus fort chez les natures timides, mais également moins lisible, tandis qu'à l'inverse, le séducteur entreprenant va droit au but et exhibe les motifs qui le conduisent à user de son pouvoir.


La religion est un dogme fondé sur un ensemble de règles éthiques. La séduction est une pratique comportementale qui suscite le rejet chez ses adeptes. La séduction est étroitement liée à la tentation, objet du pêché, dont la représentation la plus célèbre serait la cueillette d'un fruit défendu : La pomme.


Le culte religieux prétend donc ôter à l'homme tout ce qui attrait à sa nature animale et à son instinct. On peut en effet considérer la séduction comme une simple humeur instinctive, qui se déclenche dans les moments clés de l'existence et qui, parfois même, sont exacerbés par quelques dérèglements subtils et dont seule la nature a le secret.


Mais, la notion de séduction a aussi évolué au fil du temps. La vie moderne a substantiellement affiné les réalités sociales et technologiques. L'homme a du apprendre à s'adapter dans cet univers nouveau. Les  sentiments ont perdu de leur valeur dans un monde à vocation économique et les plus sensibles d'entre nous peut-être ont été tentés d'en réévaluer le principe.


La séduction est donc aussi devenue une tentative de reconnaissance de soi vers autrui et, grâce à des réseaux de communication devenus plus sophistiqués et ouverts, les moyens nous sont donnés d'exhorter nos désirs et sensibilités.


Mais non, c'était une blog … !

 

Citations à comparaître :


"C'est dans le travail d'une vie que réside la véritable séduction". – Pablo Picasso

 

"La séduction suprême n'est pas de faire exprimer ses sentiments. C'est de les faire soupçonner". – Jules Barbey d'Aurevilly

 

"Rien de si aimable qu'un homme séduisant, mais rien de plus odieux qu'un séducteur." – Ninon de Lenclos

 

"S'introduire comme un rêve dans l'esprit d'une jeune fille est un art, en sortir est un chef d'œuvre." – Sören Kierkegaard – Extrait Le journal du séducteur.

mercredi 19 mars 2008, a 12:57
Cour des miracles
 




Rêver, jouer, être à deux

L'esprit sublime les jours heureux

Passé sans ennui, sans solitude

A espérer de l'autre, sa sollicitude

 

Rêver, jouer, être à trois

L'esprit sublime les jours de joie

Passé sans encombre, ni certitudes

Apprécier des autres, leur gratitude

 

Rêver, jouer être à dix

L'esprit sublime ou dévisse

Passé dans l'ombre, par habitude

Envisager sa perte, de  l'altitude

 

Rêver, jouer, être à vingt

L'esprit sublime les jours divins

Passé à la grand'messe, à l'étude

Imposée par les prêtres, la servitude

 

Rêver, jouer, être à cent

L'esprit s'abime, à feux et à cent

Passé dans l'atonie, c'est ridicule

S'entasser dans un pré, de particules

 

Rêver, jouer, être seul

L'esprit repose dans un linceul

Passé le souvenir, la latitude

Regret, silence et puis, quiétude.

mardi 18 mars 2008, a 10:25
Le statut de la liberté
 



Sculpture : Vient du latin "Sculpere", débute au paléolithique, donc bien avant le latin, ou encore la première période de la préhistoire. Dans sa définition première, sculpter signifie tailler, enlever des morceaux à une pierre.


Toutefois, le champ d'activité sculpturale est dans sa notion actuelle beaucoup plus large. La sculpture est avant tout un art qui, historiquement, appartenait à la même catégorie que la peinture. Puis ces deux métiers furent ensuite dissociés, bien qu'ils soient en lien étroit et qu'un sculpteur soit généralement autant habile à réaliser l'un ou l'autre de ces procédés.


L'artiste d'aujourd'hui utilise tous les matériaux imaginables, pierre, marbre, cire, plâtre, métal, réalise des sculptures éphémères, l'utilisation comme matériau de la glace par exemple, etc. Les œuvres réalisées au fil des millénaires sont autant de témoignages nous montrant l'évolution des sociétés et des mœurs d'une part, celle des techniques par ailleurs.


A l'image de tous les arts, les sculpteurs sont nombreux, mais peu accèdent à la notoriété. Dans ce domaine particulier finalement peu accessible au grand public, cette reconnaissance du talent s'exerce essentiellement par l'attitude élitiste des experts en la matière.


Difficile pourtant de donner une note à ce qu'exprime une œuvre réalisée par l'artiste puisqu'elle se matérialise par l'imagination de son auteur et, à l'image de la peinture, l'écriture ou encore la musique, la sensibilité qui s'en dégage apporte une émotion particulière à ceux qui se rapprochent eux-mêmes de la sensibilité de l'artiste, expert ou non.


Or, convient-il vraiment de noter la sensibilité et de la hiérarchiser, plutôt que de donner toute la dimension à la diversité culturelle qui en émane, pour précisément donner une représentation plus générale et attribuer à l'ensemble de cette corporation le statut qu'elle mérite, le statut et la statue ne faisant plus qu'un …


Dans la société contemporaine, avide de chiffres et de concret, les artistes sont encore incompris du public et, dans bon nombre de familles, quelque soit son rang social, sauf à être génétiquement artiste peut-être, il n'est pas forcément de bon goût que sa progéniture s'emploie à opter pour ces filières peu sûres et marginales. C'est le cas de dire que l'artiste est un parent pauvre du métier conventionnel et que ses choix en termes de création sont grandement aléatoires.


Il existerait actuellement près de 20000 artistes plasticiens, selon une étude du nouvel observateur datant déjà de 2000, dont environ 8000 peintres, 3000 graphistes et 2000 sculpteurs. 800 d'entre eux seulement à cette époque avaient un gain annuel de plus de 45 000 euros.


Je connais au moins un peintre d'œuvres figuratives, sévissant sur Mongénie, qui devrait me faire un commentaire avisé sur cette question, n'est-ce pas Raymonde ?

lundi 17 mars 2008, a 09:48
Docteur Tibéri et mister Gaudin !
 



En  ce lundi 17 mars 2008, à cette heure-ci, nous sommes presque tous au travail, sauf les chômeurs, les demandeurs d'emplois, les rentiers, les morts, les retraités, les grands malades, les chefs, ceux qui bossent de nuit, ceux qui sont en grève, les temps partiels choisis, ceux imposés et enfin ceux qui, comme moi, ont une déchirure à la fesse droite.


L'occasion est donc belle ce matin pour commenter les résultats sportifs du week-end. Habituellement, je me rends sur un site désormais notoirement connu et apprécié ici :http://soliblog.blog.mongenie, où les brebis ou "lacaunes" sont à l'honneur et où j'ai rarement vu un mouton aller se faire envoyer "paître" ; Ici et là une certaine ENVOYEE SPECIALE commente à chaud et froid, avec beaucoup de dextérité et de grenadine, les grands événements sportifs qui se sont accomplis, avec un grand suspense qui nous met en la laine. Mais bon, ceci est une autre histoire.


Alors, tout commença samedi avec la finale tant attendue de rugby entre la France et le pays de Galle. Les coqs gaulois se sont inclinés par 29 à 12 face aux gallois. J'ai été particulièrement déçu par le déroulement de cette rencontre, dans la mesure où j'ai allumé mon poste de télé à 20h30, alors que la rencontre avait lieu à 18h00. Je me suis consolé en me disant que j'avais seulement loupé une défaite historique.


Alors, le rugby, c'est fait, maintenant passons au second événement du week-end, à savoir la seconde mi-temps du match des élections municipales.


Alors là, pas de gros suspense non plus, j'ai même pu m'offrir le luxe de commencer à regarder la télé à 20h30, de toute façon, même en ratant le début, j'étais sûr de revoir les extraits que j'avais raté à plusieurs reprises en différé, ce qui n'a pas manqué d'arriver.


J'avais même pensé remettre une cassette des dernières élections municipales, car les discours n'ont finalement pas tellement changé. En revanche, les résultats ont changé et c'est donc bien pour cela que j'ai renoncé à mettre la cassette.


Madame Woogy, ma femme, n'aime pas que je regarde la télévision pour les élections. Je précise que madame Woogy est ma femme depuis qu'on est mariés. Elle dit toujours que la télé lui fait de la concurrence déloyale en ce sens que tous les intervenants qui interviennent parlent beaucoup pour ne rien dire. Ca, c'est pour la concurrence.


Le côté déloyal, c'est que contrairement à madame Woogy quand elle me parle, j'écoute la télé jusqu'au bout de la nuit, ce qui la vexe pour je ne sais quelle raison.


Il faut dire que lorsque madame Woogy a eu la chance de me rencontrer, et améliorer ainsi sa condition de femme épanouie, je lui ai pour ainsi dire sauvé la vie. Cela n'a pas été spécialement facile pour moi mais, par amour, j'ai assuré son éducation et, à mon contact, elle a pu partiellement y parvenir.


Bien sûr, sa maman avait déjà bien œuvré en ce sens. Elle lui avait savamment appris à devenir auprès de son époux une femme dévouée et vertueuse. En revanche, en cuisine et en organisation de la maison, elle avait tout à découvrir.


De ce point de vue, elle est parvenue à une totale réussite et, j'en conviens, pour ma part, puisque tout le temps qui m'est alloué désormais en dehors du travail est uniquement consacré au loisir.


Après ce bref intermède, revenons donc aux élections. Alors, on peut dire quand même qu'il y eût un peu de suspense, notamment  à Paris V et à Marseille.


A Paris V, tout d'abord, La gauche a été élue à 20h00 avec 42 % des suffrages exprimés contre 36 % à Tibéri. Mais, coup de théâtre, Tibéri a finalement été élu d'une courte tête vers 22h00 contre toute attente au départ. Finalement, après l'histoire des faux électeurs, c'est celle maintenant des fausses estimations. Ca ne pouvait vraiment arriver que dans le 5ème arrondissement de Paris.


S'agissant de Marseille, le maire a été réélu de justesse, mais il a bien failli se retrouver "à poil". Il aurait eu l'air malin de se retrouver à poil Gaudin, ça aurait sûrement "chauffé" pour lui remarque …


En dehors de tout cela, mon analyse, c'est que la seconde mi-temps n'a pas révélé de grosse surprise, mais la mi-temps est quand même très longue. Une semaine de pause entre deux mi-temps d'élections municipales, ça fait quand même pas mal de pub à se farcir durant tout ce temps aux frais du contribuable.


Bien, et pour finir, la morale de cette histoire, c'est que la gauche nous disait : "Votez pour nous, tout va changer en mieux", tandis que la droite nous assénait, "vous avez voté pour nous, tout va changer en pire".


Finalement, je suis un peu déçu que Bayrou ait pris une veste, parce qu'entre le mieux et le pire, il y aurait eu un mal pour un bien alors pourtant qu'on ne dit pas lesbien pour un mâle.


En conclusion, si j'avais su, j'aurais été voir un film. Dans les deux cas, c'est du cinéma, on paye, mais au moins, au cinéma, on sait pourquoi on y va.

dimanche 16 mars 2008, a 07:42
Le cercle des poètes disparus
 




Heureux qui comme Ulysse

 

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage

Ou comme cestui-là qui conquit la toison.

Et puis est retourné plein d'usage et de raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je hélas ! de mon petit village

Fumer la cheminée et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

 

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux

Que des palais romains le front audacieux ;

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine.

 

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la douceur angevine.

 

Joachim Du Bellay

samedi 15 mars 2008, a 11:40
A tort ou à raison d'être !
 



La raison d'être est une expression d'une grande force qui touche aux fondamentaux de l'existence.


On pourrait la définir comme une conception de ce qui justifie notre sort et, plus précisément le parcours de notre vie. On pourrait d'ailleurs rapprocher ces termes avec le destin, terme de portée philosophique ou d'immanence divine, à la différence près que le destin suggère un aspect prémonitoire des évènements futurs. La vie d'un être serait d'ores et déjà programmée pour s'accomplir comme une prophétie.


La raison d'être, au contraire est plutôt à considérer comme un avènement dans le présent et, de surcroît, prendrait davantage en compte la vie ordinaire d'un être tandis que le destin revêt une dimension extraordinaire ou exceptionnelle.


Avancer dans l'âge est probablement l'un des plus beaux privilèges qu'il nous soit donné de vivre au cours d'une existence, à condition que le parcours accompli soit conforme à une certaine forme d'exemplarité dans sa manière d'être, dans celle de vivre dans son environnement, celle enfin de vivre au contact des autres.


L'exemplarité n'a pas ici valeur de morale dans les repères habituellement inculqués par nos semblables. Il s'agit en fait davantage d'une forme de progression personnelle en adéquation avec notre conscience personnelle et par laquelle notre vie prend tout son sens.


L'enfance, puis l'adolescence, sont des périodes tumultueuses où notre impatience n'a pas de limites. Nous commettons tous des erreurs que l'on appelle communément des erreurs de jeunesse, période dans laquelle il est compliqué aujourd'hui de trouver son équilibre.


Il est probable que l'existence d'un être humain ne soit pas unique en elle-même. Nous sommes d'une certaine manière plusieurs personnes en une seule, en ce sens qu'un homme ou une femme de 50 ou 60 ans n'a plus rien à voir à celui ou celle qu'il était à 15 ou 20 ans.


La jeunesse ne possède pas son élixir, contrairement à la légende, mais l'humain est souvent tenté de la préserver par tous les moyens dont il dispose. Les femmes sont souvent enclines à se maquiller et à utiliser les produits les plus sophistiqués pour que leur physique soit  durablement désirable.


S'agissant des hommes, le vieillissement est surtout d'ordre mental, et il est patent de constater que beaucoup cherchent à préserver cet aspect de leur vie antérieure, sans pour autant duper ceux auxquels ils sont sensés ressembler, à savoir plus jeunes qu'eux.


La raison d'être, en ce sens, est un subtil mélange des genres qui consisterait à accepter sa condition d'être vieillissant, tout en conservant une position d'ouverture d'esprit, sans qu'il ne soit question de remords, regrets et autres sentiments de ce genre inutiles et néfastes à son épanouissement.


Vieillir est un privilège pour qui sait conjuguer le mot être sans se faire avoir.

vendredi 14 mars 2008, a 23:27
La Trinité sur Père !
 


Chirac , De Villepin et Sarkozy se retrouvent tous  les trois au Paradis. Ils demandent directement audience à Dieu, considérant que c'était mieux que de le faire à ses saints, compte tenu de leur rang.


Dieu lui-même les reçut donc.


Il s'adressa d'abord à CHIRAC :


"Jacques, en quoi est-ce que tu crois" ?


Et Jacques de dire :


"Je crois que le moteur à explosion est une invention du démon. Je crois aussi qu'il faut protéger le monde contre les CFC et que si l'on utilise encore des fréons ou autres machines de guerre, le monde ne sera plus qu'une vaste serre, et tous  les terriens mourront".


Dieu resta pensif puis il dit :


"C'est bon, viens ici et assieds-toi à ma gauche".


Puis Dieu s'adressa à VILLEPIN et lui demanda :


"Dominique, en quoi crois-tu" ?


"Je crois en l'homme et en sa puissance. Je crois que l'homme devrait être capable de faire ses propres choix et que personne ne devrait lui dicter ce qu'il doit faire".


Dieu resta pensif puis il dît :


"C'est bon, viens ici et assieds-toi à ma droite".


Enfin, Dieu s'adressa à SARKOZY et lui demanda :


"Et toi Nicolas, en  quoi crois-tu" ?


"Je crois que vous êtes assis à ma place”.


 - Vu sur Internet -

jeudi 13 mars 2008, a 21:10
Le mérite m'irrite !
 



Le mérite est, par définition, la marque de la reconnaissance d'une personne ou d'une collectivité, vis-à-vis d'un tiers qui se serait distingué en sa faveur, et ayant pour finalité l'attribution d'une récompense.


C'est à peu près tout ce qu'on peut tirer comme définition de ce terme d'ailleurs, dans la mesure où sa notion peut dériver sensiblement, en fonction de l'appréciation que l'on peut avoir de la valeur du mérite, sa sensibilité, son engagement politique, culturel et religieux. En outre, le climat social national et international peut influer sur cette caractéristique et ce sont autant de phénomènes mouvants susceptibles de faire évoluer la définition de mérite.


En terme d'idéologie politique, les Etats occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ont introduit cette conception de mérite et on la retrouve dans la métropole, en particulier dans la vie professionnelle où la culture d'entreprise a largement pris en compte le caractère de mérite du salarié, pas seulement par la qualité du travail qu'il produit, mais davantage par l'adhésion à la politique de cette entreprise qui garantit à celle-ci la loyauté de son collaborateur entre autres choses.


Il résulte de fait que la récompense au mérite est fondée essentiellement sur l'apparence comportementale plutôt que sur les actes accomplis, ce qui peut engendrer par voie de conséquence des conflits de personnes.


L'ordre national du mérite est une distinction créée en 1963, sous la présidence du général De Gaulle. Elle équivaut en hiérarchie du mérite à la légion d'honneur.

 

Citations à comparaître :

 

"Où serait le mérite, si les héros n'avaient jamais peur" ? Alphonse Daudet


"Quel crime avons-nous fait pour mériter de naître" ?  Alphonse de Lamartine


"Nous aurons le destin que nous aurons mérité."  Albert Einstein

mercredi 12 mars 2008, a 20:38
Retraites impayées !
 



La retraite, ce terme guerrier désigne l'action de se retirer, en terme militaire, religieux, sexuel, bancaire, philosophique et bien d'autres choses encore. Intéressons-nous à celle qui fait l'actualité, au sens économique et social donc, à savoir la retraite de la vie active.


Le régime des retraites a une histoire récente, il dépend essentiellement de la démographie et de la conjoncture économique. C'est aussi une question d'une grande complexité, où la volonté politique est déterminante dans la prise en charge de cette frange de la population, en accroissement démographique constant.


A l'origine, les personnes âgées dépourvues de ressources et sans familles étaient quasiment laissées pour compte, à la seule bonne volonté de la charité ou encore de l'action religieuse.


Ce n'est qu'au début du 19ème siècle que l'idée émerge d'épargner, mue par des mouvements corporatistes comme l'enseignement, la plus part du temps sous la forme d'une caisse de secours collectée pour le bénéfice d'une collectivité et grâce à la solidarité puis, après la révolution, une épargne par cotisations s'instaure peu à peu, avec l'accès à une rémunération après 30 années de services accomplis.


En 1850 est votée une loi instituant la Caisse Nationale de Retraite, où les versements de cotisations s'effectuent sur la base du volontariat. Il est à noter que seule la petite bourgeoisie a accès à cette pratique dans la mesure où, d'une part, elle a davantage de moyens financiers tandis que le prolétariat n'en a pas, d'autre part et d'une certaine manière,
l'investissement dans une retraite "dorée" était souvent risquée en ce sens que l'investisseur décédait le plus souvent sans jouir pleinement de cette épargne préfabriquée.


S'agissant des fonctionnaires, la loi instituant leur régime de retraite sera votée en 1853. Les intéressés partiront en retraite au terme de 38 années de service accomplis et la pension versée à partir de seulement 60 ans. L'Etat distingue le service "actif" de celui "sédentaire" et, dans le premier cas, les salariés partent à 55 ans au lieu de 60.


Toutefois, la loi votée ne modifie pas immédiatement les habitudes acquises dans son antériorité et pendant longtemps, la plupart des fonctionnaires partiront à des âges avancés pouvant pour certains aller jusqu'à 80 ans.


Le premier système de retraite obligatoire voit le jour en Allemagne, sous le régime de Bismarck, à la fin des années 1800. La retraite est donc financée par la capitalisation des cotisations ouvrières et patronales et l'âge de la retraite est fixé à 70 ans.


Ce système est introduit en France seulement en 1910, avec un âge de départ à la retraite fixé à 65 ans dans la généralité et 60 ans pour les emplois reconnus par leur pénibilité.


Il s'ensuit une véritable cacophonie dans le régime des retraites dont on devine aisément que deux guerres mondiales sont essentiellement à l'origine de ce brusque ralentissement institutionnel.


Ce n'est donc que sous le régime de Vichy, puis en 1945 que la branche vieillesse assure une pension avec l'établissement d'un minimum vieillesse. La rémunération est extrêmement faible et correspond à 20 ou 40 % du salaire, selon l'âge et une partie du financement est assuré par la vignette automobile et la création d'un fond spécial de retraite.


Le système de retraites universel est institué avec une évolution de la base de calcul de la rémunération. Elle est notamment pour les fonctionnaires  de 75 % du salaire pour un départ en retraite complète à partir de 60 ans.


A partir de 1972, la crise pétrolière et l'apparition du chômage quantitatif incitent les entreprises à négocier des plans sociaux avec notamment des plans de départ à la retraite anticipée.


En 1993, le gouvernement Balladur revient sur ces conditions en reculant l'âge du droit à la retraite pour le régime général et les cotisations sont passées à 40 ans. Juppé tentera sans succès de l'imposer aux régimes spéciaux en 1995 ce provoquera d'ailleurs sa chute.


Toutefois, le gouvernement Raffarin et la loi Fillon parviendront à imposer cette disposition aux régimes spéciaux en 2003.


Le problème des retraites est multiforme. D'une part, le niveau de vie de la population en retrait d'activité est meilleur que celle des actifs, généralement, ils n'ont plus d'enfants à charge, ni de charges majeures de type remboursement d'emprunt immobilier. D'autre part, la longévité a considérablement augmenté chez les seniors et les conditions de vie bien meilleures qu'elles ne furent.


Enfin, l'explosion des naissances d'après guerre a modifié la norme démographique de manière exceptionnelle.


Il faut toutefois bien faire la différence entre ce qu'il conviendrait de dénommer amicalement le 3ème âge et le 4ème âge. Dans le dernier cas, le niveau de vie est généralement très nettement inférieur à celui de ses cadets.


Le 1er mars 2008, le versement à caractère « exceptionnel » du minimum vieillesse a été voté et la dotation à hauteur de 200 euros sera versée en une seule fois aux bénéficiaires en complément du minimum vieillesse actuellement fixé à 628 ,10 euros. Cette "mesurette" concerne 600 000 personnes.


La manifestation des retraités, sous l'impulsion des centrales syndicales, et en date du 6 mars dernier a parfois nourri certains arguments à prévaloir pour la campagne électorale à la faveur des élections municipales et cantonales.


On observe qu'en effet, des disparités de revenus très importantes se creusent entre les différentes catégories de retraités avec, dans tous les cas, une régression significative de leur pouvoir d'achat. Dans les années 1980, les retraités représentaient un poids non négligeable dans l'économie et en particulier dans les loisirs et le tourisme, ils subissent aujourd'hui, à l'instar de la population, la hausse très importante du prix des carburants et celle des denrées alimentaires, de même que toutes les prestations et services à l'assurance qui leur sont dispensées, sans parler de la solidarité nationale.


Etre retraité de nos jours, c'est un dur métier.

mardi 11 mars 2008, a 19:50
Quoi de neuf docteur ?
 



"Un malheur n'arrive jamais seul". Cette vindicte populaire caractérise assez bien ce que l'on pourrait communément appeler la loi des séries. Il s'agit d'évènements qui se produisent à peu de temps d'intervalle, généralement des mésaventures mais pas seulement, revêtu du caractère de la coïncidence, de l'aléa, mais aussi celui du calcul des probabilités, que l'on retrouve essentiellement dans les jeux de hasards, PMU, Loto, etc.


Sur une longue période, on peut ainsi établir des données, à la façon d'un électrocardiogramme, où l'on pourrait transposer des faits vécus sur une ligne qui ne serait pas forcément une perpendiculaire, n'est-ce pas Isamoon ?


Il n'est pas rare de constater que les gains obtenus au PMU, j'en ai fait l'expérience durant de longues années, sont souvent concentrés sur une période courte, on peut presque parler de chance insolente, puis il s'ensuit une très longue période de malchance que l'on pourrait dénommer poisse chronique. Alors simple coïncidence, probabilité ? J'ai beau avoir l'esprit cartésien, me creuser les méninges à la truelle, je n'ai pas de réponse à cette question.


Comme je n'ai aucune envie de me lancer dans l'univers paranormal pour tenter de trouver un début de solution qui, au demeurant, serait complètement subjective, je me contente donc d'en accepter le principe.


Ainsi, Woogy junior avait rendez-vous chez un ostéopathe le 28 février dernier à 15h30. A 15h45, tandis que je m'évertuais à répondre à vos nombreux commentaires, j'envisage même de vous envoyer des autographes électroniques, payants naturellement, il faut bien financer les financements, l'ostéopathe "Ouimaisdespanzanis" m'appelle, me demandant si je n'avais rien oublié.


"Non non", lui répondis-je avec l'aplomb assuré qui me caractérise. "Nous avons rendez-vous chez vous à 15h30". Sauf que la secrétaire avait noté 14h30. Qui s'est trompé ? Mystère et peu importe d'ailleurs. Toujours est-il qu'un nouveau rendez-vous fût donné pour le 5 mars à 17h00. A 17h15, le téléphone sonna ce jour là, j'étais occupé à ne rien faire, ce qui contraignît madame Woogy à répondre au téléphone, elle adore ça de toute façon, et, au bout du fil, l'ostéopathe  "Ouimais… " de dire ironiquement : "Vous n'avez rien oublié ? "


"Oh merde", nous nous dîmes entre nous, ce n'est pas une marque de collants "dîmes" hein ? "Ce sont des choses qui arrivent ". "Je sais bien qu'habituellement il n'y a jamais de soucis avec vous", furent, de bon ton,  les choses habituelles que l'on peut se dire, entre personnes responsables et de bonnes mœurs.


Pour oublier cette angoissante situation, je m'empressais ce jour d'aller voir mon médecin, lequel était sans doute empressé lui-même de connaître mon état de santé. J'avais donc rendez-vous à 16h15. Je m'y rendis de ce fait, en toute décontraction. Arrivé sur les lieux, pour aller à son cabinet, il me faut plus d'une heure, je trouvais qu'il y avait quand même beaucoup de monde, mais ce n'était pas non plus la première fois, il suffit d'une urgence parfois …


Une fois que ce petit monde fût en partie résorbé, je me hasardais à questionner un petit bonhomme assis tout près de moi : "Vous avez rendez-vous à quelle heure monsieur ? "


"16h15" me répondit-il, "Tiens, c'est curieux moi z'aussi , quel farceur ce médecin ! "


Le petit bonhomme passa à son tour, puis ce fût le mien.


Le docteur m'accueillit avec un large sourire, me disant : "J'ai une excellente nouvelle pour vous ! "


"Ah bon", m'exclamai-je, "je suis guéri docteur ? "


"Heu non, simplement, vous aviez rendez-vous demain".


Et merde !

lundi 10 mars 2008, a 15:20
Municipales ou électrons libres !
 



Dimanche 9 mars 2008, il est 20h00, les premiers résultats des élections municipales vont nous parvenir dans quelques secondes. Mon cœur palpite bruyamment, ma tension est à son comble, j'intime l'ordre à mes gosses de la fermer et d'aller jouer dehors. Il fait 1 % dehors, c'est quand même largement supportable, comparé à la Sibérie par exemple.


Car il faut quand même le souligner, il est des gosses en Sibérie qui aimeraient bien pouvoir aller jouer dehors sous des températures affichant le signe plus.


 Je leur dit de ne pas allumer la lumière extérieure, comme on dit chez nous, inutile de "gâcher", le pouvoir d'achat est devenu notre souci principal, surtout depuis qu'on en parle à la télé. Avant qu'ils n'en parlent, je pensais bien aussi que quelque chose ne tournait pas rond, mais ma banque m'avait dit de ne pas me faire de soucis, au pire on pouvait toujours hypothéquer la maison. Bon, ça m'avait quand même rassuré de savoir qu'une maison pouvait se trouver en hypotherquie, mais depuis que la télé me dit que le pouvoir d'achat est en baisse, je ne vis plus.


J'ai envoyé ma femme faire du café, avec de la ricorée, car c'est nettement moins cher. J'ai pu voir cette astuce dans le film "Bienvenue chez les Ch'tis" que j'ai téléchargé illégalement. C'est comme le whisky la ricorée, après une trentaine de gorgées, on s'y habitue.


Bon, ça y est, je me tais, il y a PPDA qui commence à causer dans le poste. Les estimations commencent à tomber, la pluie aussi d'ailleurs, dehors, ils avaient annoncé la couleur à la météo, gros avis de tempête sur la Bretagne. D'ailleurs, on avait tout à perdre pour ces élections, vu que avec la pluie et la défaite, on a plus qu'à essuyer un revers ou deux.


Et les gosses qui jouent dehors, c'est pour ça aussi que je les entends gueuler, pas moyen d'être tranquilles. "Allez donc dans le poulailler, bande de crétins, faut vraiment tout penser à votre place". Ah, quel temps, je vous jure !


Bon, on en est où là ? Ah, Bayrou qui s'exprime. Alors, il dit que la première mi-temps a été très serrée et qu'il va falloir mobiliser pour la deuxième mi-temps. Quel manque de Pau !


Et merde, la deuxième mi-temps, c'est dans une semaine, bon ben je vais me coucher moi.

dimanche 09 mars 2008, a 10:27
Le cercle des poètes disparus !
 



Par un point situé sur un plan

On ne peut faire passer qu'une perpendiculaire

A ce plan

On dit ça …

Mais par tous les points de mon plan à moi

On peut faire passer tous les hommes, tous les animaux de la terre

Alors votre perpendiculaire me fait rire.

Et pas seulement les hommes et les bêtes

Mais encore beaucoup de choses

Des cailloux

Des fleurs

Des nuages

Mon père et ma mère

Un bateau à voiles

Un tuyau de poêle

Et si cela me plait

Quatre cents millions de perpendiculaires.

 

Robert Desnos

samedi 08 mars 2008, a 14:40
La consommation déménage !
 



Terminons donc ce chapitre économique pour aboutir là où je souhaitais commencer : Le pouvoir d'achat des ménages. Car, s'il est un thème qui est bien d'actualité, c'est quand même bien celui-là. Quand nous parlons de problèmes d'insécurité, nous voici précisément au cœur du sujet, l'insécurité budgétaire est sans conteste celle qui conduit aux autres sources d'insécurité qui nous sont connues.


Tout d'abord, quand on parle consommation pour les ménages, il s'agit de consommation de tous les biens et services, allant d'une simple pomme à un ordinateur, et bien que le prix du premier article soit davantage digeste. Autant dire que la définition en est large. Cela exclut toutefois les achats effectués pour un investissement durable, comme une maison, et qui est considéré dans ce cas précis comme du capital actif ou technique (Voir posts précédents).


On distingue deux types de consommation : Les besoins fondamentaux ou primaires d'une part, c'est l'alimentation, la santé, l'habitat (Ce qui s'y rapporte). Les besoins à caractère plus secondaires, au moins dans la priorité vitale, c'est le tourisme, le luxe et divers loisirs.


Le tableau ci-après, établi par l'INSEE, nous montre la répartition des dépenses et son évolution sur 40 ans. S'agissant d'une moyenne, il ne montre que l'état de consommation en ne tenant pas compte des besoins non satisfaits, à savoir par exemple les ménages, dans l'alimentaire, qui n'ont pas les ressources nécessaires pour acquérir des produits assez chers comme la viande, le poisson et autres denrées du genre.


 

Tendances longues de la consommation des ménages

 

 

Structure en %

 

 

valeurs en 2006

Taux de variation annuel

 

1960

1980

2000

2006

millions d'Euros

moyen en %, 1960-2006*

Alimentation

27,5

16,4

13,8

12,9

166,4

2,1

Habillement

10,1

6,1

4,2

3,6

46,9

1,8

Logement

9,7

15,4

18,1

19,4

250,2

3,9

Equipement

7,9

6,4

4,8

4,6

58,9

3

Santé

1,9

1,6

2,5

2,6

33,9

5,5

Transports, communications

9,5

13,3

13,8

13,5

174,2

4,1

Loisirs et culture

6,1

6,9

7,2

7,2

92,6

4,9

Autres

13,1

13,7

13,2

13,2

170,1

2,4

Dépense de consommation socialisée

14,1

20,1

22,4

23,2

299,2

3,8

Total : Consommation effective des ménages

100

100

100

100

1292,4

3,3

* taux de variation des quantités consommées

Comptes nationaux

 

 


On note dans les faits une baisse constante de l'alimentation et de l'habillement, mais le monopole de la grande distribution a développé l'industrialisation des produits et il résulte de cette démarche une baisse des prix à l'achat des denrées, souvent conditionnées en nombre.


Toutefois, cette tendance tend à s'inverser depuis quelques semaines, peut-être du fait de l'acquisition quasi définitive de ce monopole, mais aussi parce que ces produits sont à la base une demande fondamentale en terme de survie.


En revanche, on assiste, de par la libéralisation des échanges mondiaux, à des baisses significatives de produits de moindre nécessité, en provenance d'Asie notamment, mais aussi de Russie, Afrique du nord, dont le coût de production est nettement moins élevé que dans les pays développés et permet un accroissement significatif de la consommation dans nos contrées.


Les transformations des modes de vies ont créé des besoins qui, jusqu'alors, étaient soient inexistants, soit peu usités, téléphones portables, appareils numériques, ordinateurs, etc.


Il convient d'ajouter que la durée de vie des produits a nettement diminué et ils sont devenus recyclables, de même que les besoins en consommations de ces produits.


Enfin, le crédit à la consommation s'est somme toute banalisé, et l'incitation à le faire est réelle.


D'une certaine manière, le niveau de vie des ménages a évolué vers le haut et est devenu un phénomène d'ampleur sociale. Un enfant scolarisé par exemple dont les habitudes de consommation, qu'il s'agisse de produits vestimentaires ou numériques, seront différentes de sa communauté environnante, aura tendance à être marginalisé par celle-ci.


En clair, la notion de pauvreté serait devenue une norme se situant au dessus de la misère qui est une insatisfaction majeure en termes de survie, mais une paupérisation tout de même qui déclinerait le lien d'appartenance à une société en marche vers le haut.


Après avoir dit ça, on peut toujours se poser la question de savoir si ces avancées technologiques, induisant des nouvelles normes dans la manière de consommer, est gratifiant ou non pour l'humain. Sans doute un peu des deux, si on considère par exemple que certaines avancées comportent des complications peu ou mal gérables, comme la manipulation du nucléaire. En revanche, le traitement des maladies graves et la prise en charge de la douleur sont un bienfait indéniable pour notre bien être et peuvent être dès lors considérés comme vitaux.


Les évènements récents seront peut-être l'aube d'un tournant dans la façon de consommer autrement pour le futur. L'accroissement généralisé en Europe des prix de l'alimentaire, celui du carburant, autrement dit de tous les besoins fondamentaux, risque fort de nous entraîner vers une baisse importante du pouvoir d'achat pour les mois à venir, on raisonne toujours en termes de moyenne et non de situations individuelles, ce qui est notoirement différent.


A moins que d'ici là, la technologie soit prompte à produire des miracles.

vendredi 07 mars 2008, a 10:23
En lettres : Capital !
 



Le capital :


Produire est une chose, mais le travail seul ne suffit pas à en assurer l'efficacité. Difficile d'extraire le pétrole sans plate forme de forage. La production nécessite donc des moyens de production ou encore du capital. Cette notion revêt deux sens distincts. D'une part, il a une définition comptable en ce sens qu'il sert à une société pour sa création (SARL) et que son accumulation en tant que richesse peut être utilisée en cas de besoin. Ce capital est investi par des associés et les apports versés constituent le capital comptable qui, dans le cadre d'une société anonyme, se matérialise par des actions. De même le capital est une masse monétaire qui rapporte à son détenteur des intérêts substantiels dans la mesure où le capital déposé est important en quantité.


Le capital peut avoir également un sens technique. Dans ce cas, les moyens de production sont parties du capital, la plate forme pétrolière sera à part entière un capital de production. Par ce biais, la société va augmenter sa capacité à produire et à être efficace. Le renouvellement ou le développement du capital technique appelé aussi capital fixe est un investissement qui garantit, voire développe encore davantage l'outil de production.


Le capital ne crée rien. Il est un instrument servant à produire, mais c'est l'homme et la valeur du travail ajouté qui produit et qui est acteur. Le capital reverse à son ou ses détenteurs une part du bénéfice réalisé sur ce qui a été créé. Ils vivent de fait du travail d'autrui grâce au capital qu'ils possèdent.


L'employeur achète à ses salariés les moyens de production qui vont leur permettre de produire en contrepartie du versement d'une rémunération. Les salariés produisent davantage qu'ils ne coûtent à l'employeur, ce qui constitue une plus value, laquelle sera soit réinvestie dans la production, soit récupérée par le propriétaire du capital à ses fins personnelles.


Depuis le début de l'ère industrielle, l'accumulation du capital est devenue le moteur de la croissance de la production.


En 1910, la France comptait 39 millions d'habitants et 20 millions d'entre eux avaient une activité productive.


En 1993, la population était de 57 millions d'habitants et 22 millions était "actifs", ce qui constitue une très faible augmentation d'actifs (2 millions), en regard de l'évolution démographique.


La croissance a de fait augmenté de 12 % si on ne tient compte que de ce phénomène mais, de surcroît, l'efficacité des moyens de production s'est considérablement développée et le temps de travail lui-même était en 1910 de 40 % supérieur à celui d'aujourd'hui.


Selon Olivier Marchand et Claude Thélot, auteurs de l'ouvrage "Le travail en France", le produit intérieur brut de 1993 est de 7,2 fois supérieur à celui de 1910. Il résulte de fait que l'augmentation de 12 % de la croissance et la multiplication de 7,2 % du PIB, sans qu'il n'y ait eu une évolution proportionnelle de la force globale de travail vaut une autre et seule explication : Une accumulation considérable du capital, donc accumulation des richesses.


 

Stock de capital fixe productif

Années

En millards de francs

1913

967

1954

1757

1970

3351

1980

5457

1990

6504

1992

6779

 


En près d'un siècle et en dépit de deux guerres majeures qui ont détruit une partie importante de la richesse accumulée, le stock de capital fixe a été multiplié par 7.


Par ailleurs, le patrimoine historique est d'ores et déjà existant, ce qui ne génère plus de grands chantiers en termes de création, seulement un suivi d'entretien et restauration, lequel est largement financé du reste par le contribuable et le visiteur. La production est devenue au fil du temps la bible de référence et le chef d'entreprise le seigneur des temps modernes.

jeudi 06 mars 2008, a 08:39
Le Produit Intérieur Brut !
 



Le produit Intérieur Brut (PIB)est la somme de l'ensemble des productions rémunérées au cours d'une année. C'est en quelque sorte un indicateur permettant de mesurer le niveau de production d'une nation et, par ce fait son bilan de santé économique. Attention, il convient de ne pas confondre avec le Produit National Brut (PNA), qui inclut les revenus nets provenant de l'étranger par retour sur investissement.


Toutes les activités économiques rémunérées, que ce soit des biens ou des services, la polyculture, l'industrie, la santé, tous ces secteurs sont répertoriés pour le calcul du PIB. Certains secteurs d'activités ont des vecteurs communs, le blé par exemple. Si on additionne les chiffres d'affaires de l'agriculteur, celui des moulins de Paris et celui du boulanger, on comptera 3 fois la même substance, donc le blé. Par conséquent, le PIB sera calculé en fonction non pas du chiffre d'affaires réalisé, mais par celui des valeurs ajoutées, c'est-à-dire la différence existant entre les chiffres d'affaire et les prix de revient.


La valeur ajoutée n'est pas synonyme de bénéfice. Elle est constituée par le cumul des charges auxquelles s'ajoute le bénéfice.


Il existe aussi quelques exceptions, enfin pour l'instant, qui compliquent ces règles, ce sont les services publics. L'éducation nationale, premier employeur de France, utilise des professeurs d'écoles pour enseigner. De fait, le professeur dispense l'enseignement, mais il ne vend rien. La valeur ajoutée dans ce contexte est  complexe, car cette opération suppose qu'il faudrait avoir connaissance d'un chiffre d'affaires  ici inexistant. La seule valeur ajoutée qui puisse être effectivement calculée pour un établissement scolaire réside dans l'évaluation du taux de réussite de ses élèves par rapport à la moyenne nationale de l'éducation et sur les mêmes critères d'appréciation. Mais il s'agit là de performance humaine et rien d'autre.


La mouvance libérale plaide en faveur d'un enseignement payant, de nature à mieux appréhender le calcul de sa valeur ajoutée.


Dans la mesure où certains services n'ont pas ce caractère de marchandisation, comme l'enseignement, la police ou la défense nationale, on utilise uniquement la valeur du travail pour calculer la valeur ajoutée, autrement dit les salaires versés. Pour autant, cela ne signifie pas, au fond, que le fait de dispenser un enseignement par exemple ne soit pas dépourvu de valeur et encore moins d'utilité, mais en terme économique et financier, elle revêt uniquement un caractère de valeur non marchande.


Tous les pays au monde utilisent le PIB comme indicateur économique. Pour mesurer le développement d'un pays plus efficacement, on utilise le PIB ou production par habitant comme une référence dans le tableau comparatif des pays les plus riches notamment. Pour autant, le revenu moyen calculé par tête n'est pas équitable puisque précisément il s'agit d'une moyenne et ne reflète rien, mais au contraire masque les inégalités qui vont croissantes. L'indicateur du PIB par tête n'est pas égal au revenu par tête.


Il serait donc illusoire de croire que le rythme de la croissance et de la production génère du progrès. Le seul et unique intérêt du PIB est d'évaluer effectivement la puissance et la vitalité d'un Etat dans son environnement.

mercredi 05 mars 2008, a 11:23
Boire ou produire, il faut choisir !
 



Produire : On pourrait imaginer que si le paradis avait vocation à exister, il n'y aurait qu'à se servir ici ou là pour subvenir à nos besoins et l'affaire serait faite.


Hélas, nous sommes sur terre et la réalité est un peu différente. Produire, c'est créer par le travail des biens et des services qui seront mis ensuite à notre disposition.


 La valeur du travail est de fait un élément essentiel à la production. Sans travail, le jardin produira des ronces et des orties plus beaucoup d'herbes, mais pas de légumes. La production ne consiste pas non plus à satisfaire des besoins individuels en exerçant une activité de routine comme laver sa voiture par exemple.


En économie, la production consiste à exercer une tâche contre rémunération. Notre système économique, devenu et devenant de plus en plus complexe, reste basé sur ces fondamentaux encore aujourd'hui. Si seul le travail payé est considéré comme étant productif, la production ne désigne pas forcément ce qui peut être utile ou non à l'homme.


Lorsqu'une femme ou un homme, ce qui est plus rare il est vrai, fait son ménage domestique, à la maison, c'est presque une activité de loisirs, tandis que si cette même personne le fait chez autrui, contre rémunération, c'est une activité à caractère de production.


A partir de ce simple constat, on ne peut pas dire que la production génère un bien être social, ni n'apporte rien en qualité de vie dans la mesure où la production a introduit dans sa notion fondamentale celle de cadences, rythmes, productivité, d'efficacité et rentabilité. Tout ceci pour quel profit ? L'iniquité dans le partage des richesses produites est flagrante, n'est-ce pas monsieur Savagnac ? On devrait penser que la production doit être à sa base une organisation qui permet à son système de vivre uniformément à partir de besoins donnés, en tenant effectivement compte d'évolutions potentielles de ces besoins et dans la notion de temps des personnes et des genres.


La production industrielle a introduit de surcroît des nuisances dans l'environnement, généré énormément d'accidents, de maladies à caractère professionnel, de conditions de travail instables.


Attention : Produire ses papiers d'identité lors d'un contrôle effectué par la maréchaussée n'a strictement rien à voir avec le sujet.


A suivre … !

mardi 04 mars 2008, a 09:08
Medvedev : De la race Poutine !
 



On dirait que la démocratie est à l'honneur en Russie. On n'avait pas vu cela depuis au moins 8 siècles, c'est-à-dire depuis que des combattants ont été transformés en steaks Tatares et que Mongol de chemise était ouvert, cela se passait au 13ème siècle.


Depuis lors, le peuple russe a connu les joies du servage, celles de l'aristocratie, de l'église orthodoxe, les guerres napoléoniennes et le Stalinisme, en passant par quelques révolutions, deux guerres mondiales auxquelles ce peuple aura sacrifié le plus grand nombre de victimes.


Heureusement, au 21 ème siècle, Poutine est arrivé pour apporter à ce grand pays la démocratie, étymologiquement, vient de l'américain "démo" pour démonstration et "crasse", terme franco français désignant la saleté. La démocratie, par définition, serait donc une démonstration de saleté.


 C'est exactement ce à quoi nous invite aujourd'hui la "démocrassie" du monde civilisé. Tandis que la Russie vote à 70 % et plus pour le nouveau président Medvedev, l'ombre de Poutine, que l'opposition est discrètement, mais sévèrement réprimée, que la majorité de la populace serait apolitique, que la Tchétchénie n'a pas voté, La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy comme le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont salué l'arrivée d'un nouveau locataire au Kremlin.


La démocratie a donc triomphé de toutes les velléités patentes et épatantes qui la menaçaient insidieusement et ainsi soit-il. Ouf, on l'a échappé belle.


A noter toutefois, quoiqu'il s'agisse d'un détail de peu d'importance, que la seule mission d'observateurs occidentaux présente, envoyée par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), a estimé que l'élection n'avait pas été "libre" et "juste". Bon, mais, quand on est seul, on n'est pas forcément objectif non plus et, c'est d' évidence, compte tenu du caractère de légitimité unanimement donné par l'Europe, à l'exception quand même et il faut leur rendre cette  justice, de la république Tchèque, légitimité également accordée par les Etats-Unis qui, par la voix de son dirigeant désormais historique et de sa propre "Bush", prône "l'intérêt mutuel des deux pays", chacun aura compris de quels intérêts il s'agit, en tout cas, pas celui du peuple russe.


La démocratie est en Russie comme en Irak d'ailleurs, un système fondé sur la souveraineté du peuple, par opposition à la monarchie ou l'oligarchie, où une minorité décide en lieu et place du peuple et s'auto-succède de manière autoritaire.


On voit bien que les élections russes, tout comme l'exportation par les américains de la démocratie en Irak, sont loin d'être un système oligarchique, simplement, il convient de tenir compte des spécificités propres à chaque nation, de par l'histoire culturelle, religieuse, ethnique et politique pour faire des aménagements adaptés aux circonstances.

Il suffit ensuite de dépoussiérer quelque peu les représentants fraîchement élus pour en faire des démocrates à peu près présentables et le tour est joué.


S'il est un signe tangible que la démocratie nous assure la prospérité et la quiétude en des temps où nos générations dans notre pays peuvent s'enorgueillir de ne pas avoir connu les méfaits de la guerre, la Chine, qui est, quant à elle,  une dictature notoire, vient d'augmenter de 17,6 % son budget en matière de dépenses militaires pour atteindre 57,23 milliards de dollars. Mais ceci n'est rien comparé à celui des Etats-Unis, état démocratique et gendarme du monde, dont le montant du budget militaire pour 2008 atteint 645,6 milliards de dollars.


Voilà qui est tout à fait de nature à nous rassurer complètement … !

lundi 03 mars 2008, a 10:29
Le parachute, avec ou sans avion, c'est du vol !
 



Didier Gauthier-Sauvagnac fait du parachute … doré. Ce grand patron de l'IUMM, branche armée du patronat  (ou MEDEF), armé en millions d'euros j'entends, vient de palper la modique somme de  1 million et 500 000 euros pour avoir eu le courage de démissionner de ses fonctions.


Pour autant, ce brave citoyen n'est pas tout à fait au chômage, puisque, ayant qualité de délégué général du MEDEF, il touche à ce titre 20 000 euros mensuel. On pourrait  penser que ce geste amical du patronat est celui d'une organisation solidaire de l'un de ses membres, et du souci qu'elle a que ce malheureux ne soit pas l'un de ces futurs SDF qui pollueraient notre belle et généreuse planète.


Or, il apparaît en filigrane que toutes les charges financières liées à l'instruction de l'affaire par la justice et à d'éventuelles poursuites, voire condamnations, on peut toujours rêver, seraient pris en charge par l'IUMM, dont les ressources ne semblent pas spécialement affectées par cet épisode malencontreux, lequel vient gêner quelques décennies de vie paisible et discrète.


Il semblerait, au dire de quelques timides réactions de ci de là, que la solidarité ne soit pas le mot qui convienne tout à fait dans la situation qui les occupent, mais plutôt une sorte de récompense contre le silence d'un membre savant de l'organisation dans le domaine d'affaires privées et occultes.


En clair, on achète son silence, comme quoi on peut même vendre sans produire. L'affaire est à ce point visible aujourd'hui que cela créé une véritable pagaille au sein du MEDEF, et le début d'une vendetta, entre Laurence Parisot d'une part, les grands patrons de l'IUMM d'autre part, qui font savoir entre autre à la première intéressée qu'elle serait bien inspirée de conserver tout son sang froid.


On peut quand même s'interroger sur le bien fondé de la démarche de Laurence Parisot, sachant que l'affaire avait éclaté il y a déjà quelques mois. Or, la réaction n'interviendrait que seulement maintenant. Compte tenu des évènements récents, on peut supposer raisonnablement que la pression exercée aujourd'hui sur l'institution MEDEF est de nature à faire perdre à sa présidente effectivement son sang froid.


Quant à ses détracteurs puissants, ils sont eux-mêmes  pourvus de cette pondération puisque armés d'une véritable armada juridique pour défendre leurs intérêts propres, façon de parler, et seul leur amour propre, façon de parler là aussi, pourrait, le cas échéant, être légèrement sali, ce qui constitue un bien faible dommage en rapport à leur responsabilité.


Et l'Etat dans tout ça ? Il fait savoir, par la voix de son irrésistible ministre de l'économie Christine Lagarde, que "Tout ce qui favorisera la transparence sera le bienvenu et qu'une nomination rapide à la tête de l'UNEDIC serait souhaitable", une façon de parler pour ne rien dire et surtout ne pas intervenir dans les affaires du tout puissant patronat, sans doute y-a-t-il suffisamment à faire avec l'incivilité des automobilistes aujourd'hui. Pourquoi rajouterait-on de la répression à de la répression ?


Au final, dans le monde salarié, un tout autre monde assurément, même les mieux disposés, à en écouter les ondes radiophoniques, commencent à être écœurés par cet étalage indécent de pognon, tandis que se dégradent considérablement le niveau de vie de tout un chacun.


Peut-on ainsi continuer à se bercer d'illusions, à faire comme si de rien n'était et à considérer qu'il soit normal qu'il y ait des riches et des pauvres, sans admettre quand même que la conjoncture économique et sociale n'est pas seulement une fatalité pour la majorité d'entre nous, mais aussi une manne pour quelques autres.


C'est l'horreur économique dans toute sa splendeur.

dimanche 02 mars 2008, a 11:31
Le cercle des poètes disparus
 



Mon cœur battait …

 

Mon cœur battait comme une voile dans ta voix

C'était un soir de toi quand les portes sont closes

Et comme un vêtement sur la chaise repose

Tout le long passé nu des choses que l'on voit

 

C'était un soir pareil à tous les soirs absents

Quand le monde a tout de même mémoire machinale

Il est trop tard déjà pour lire le journal

On n'entend plus la voix que de son propre sang

 

Il saigne quelque part un sanglot de jardin

Ou peut-être c'était un chien d'inquiétude

L'oreille longuement fait du silence étude

J'écoute sur mon coude et voici que soudain

 

Tu rêves

 

Louis Aragon

Présentation
Bon alors passons directement de la présentation à la représentation ... !

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commentaire(s)
Rien faire, c'est ne rien défaire. E.T. (01/12/2009 22:12)

Et voilà, en bullant...

Rien faire, c'est ne rien défaire. Lily (30/11/2009 11:21)

Je fais toujours ce ...

Rien faire, c'est ne rien défaire. Mounette (29/11/2009 14:06)

houuuuuuuuuuuuuuuuuu...

Rien faire, c'est ne rien défaire. BARBOUILLY (29/11/2009 10:11)

Salut Woogy, Tu as ...

Rien faire, c'est ne rien défaire. woogy (28/11/2009 16:50)

Oui, effectivement, ...

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