"La gentillesse est la noblesse de l'intelligence". Jacques
Weber
La société contemporaine est fondée sur la compétition, la
productivité, ou encore la performance. Dans cette perspective, on apprend à
nos enfants comment être forts pour être aptes à vivre selon ces critères, en
forçant un caractère docile à devenir un perfectionniste patenté des temps
modernes. A agir ainsi, on pourrait penser que l'enfant fort deviendra un homme
fort dans une société où la compassion et la bienveillance sont des piètres
mots à jeter aux orties.
A bien y réfléchir, il n'est pas certain que cette tactique
soit aussi bonne qu'elle n'y parait et on assiste davantage, dans une
collectivité égotique et individualiste, à des pathologies croissantes de
maladies neurologiques, tels que des troubles d'anxiété et de dépression.
L'absence de solidarité, de mansuétude et de tolérance est
un signe ostensible de la décadence des valeurs humaines.
La meilleure illustration de cet état de fait est le monde
du travail. C'est là que se situe le plus gros foyer d'infection connu. La
compétition, la notation, l'appréciation, la mise en concurrence des
compétences, le profit, la hiérarchie sont autant de valeurs artificielles
négatives qui sont à l'origine de multiples maladies mentales, allant même
jusqu'aux suicides, comme ce fût constaté récemment chez Renault ou encore France
télécom.
Pourtant, certaines études montrent que le rendement s'obtient
à bien moindres frais, avec des qualités simples et innées, telles que la
bienveillance et la gentillesse. La mise en œuvre d'échanges basés sur l'écoute
et la compréhension d'autrui, à contrario des rapports de force prégnants de l'entreprise,
se révèlent particulièrement productifs (1).
La gentillesse est un art qui révèle l'authenticité de soi,
la franchise, l'intégrité, le respect, la reconnaissance, l'altruisme, j'en
passe et des meilleures.
Et si la gentillesse était au bout compte la clé du bonheur ?
(1) "La stratégie de la bienveillance" de Juliette
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