Il était une fois un petit garçon qui s'appelait PâquesMan,
mais son diminutif était Pacman. Il mangeait à peu près tout ce qui pouvait
être mangé. Pacman adorait particulièrement le chocolat.
La veille du jour de Pâques, Pacman décida de suivre le
lapin de Pâques, lorsque celui-ci sortirait, pour voir où il les cacherait. Il
attendît de longues heures, embusqué dans un recoin de la maison, jusqu'à ce qu'il
aperçut enfin Jeannot le lapin.
Jeannot regarda furtivement autour de lui pour voir si
personne ne surveillait ses faits et gestes. Mais il ne pût s'apercevoir de la
présence du petit garçon, bien trop malin pour se faire remarquer. Lorsque
Jeannot sortît, Pacman le suivît discrètement, à pas feutrés. Il inscrivît
ensuite soigneusement sur un petit carnet chaque endroit ou il avait déposé ses
œufs.
Quand le lapin eût terminé son œuvre, il s'en alla
joyeusement dans sa tanière, faire une sieste bien méritée.
Pendant ce temps, Pacman n'y tenait plus. Il brandissait
maintenant une poche intermarché, ou bien alors des magasins U, je ne sais plus,
Pacman était plutôt de la graine de champion d'ailleurs. Il eût vite fait de le remplir
des précieux objets que le lapin Jeannot avait soigneusement camouflé dans le
jardinet. Une fois son dur labeur accompli, il s'en retourna chez lui et, alors
qu'il s'apprêtait à dévorer son larcin, la fatigue s'empara de lui et il s'endormît
paisiblement sur son petit lit.
Le lendemain matin, Pacman s'éveilla au son de clameurs qu'il
entendît au dehors.
" - J'en ai un, j'en ai un ! " Entendait-on.
" - Moi aussi, moi aussi ", répondait l'écho sans
véritablement répéter la même chose.
Pacman s'étira lentement, souriant à lui-même et se disant
qu'il ne servait à rien de courir dans tous les sens, qu'il suffisait comme lui
d'être malin, un point c'est tout.
Tandis que ses amis se débattaient comme de beaux petits
diables, au dehors, pour ramasser tous les œufs qu'ils pouvaient trouver, lui
prenait tranquillement son temps, savourant l'instant fatidique où son larcin
finirait immanquablement dans son estomac piailleur.
Et dehors, on entendait :
" - J'en ai un autre, j'en ai un autre."
" - Moi aussi, moi aussi", répondait l'insolent écho.
Tout à coup, Pacman ressentît une étrange inquiétude, se
demandant comment ces enfants pouvaient trouver encore des œufs, alors qu'il avait
suivi Jeannot le lapin toute la soirée et avait soigneusement noté chaque
endroit où il s'était arrêté.
Alors, il ouvrît fébrilement la poche de chez Auchan près d'un
carrefour, et ce qu'il vît dedans l'horrifia, le stupéfia, le cloua sur place, le
laissa sans voix, donc sans écho.
A l'intérieur de la poche de chez mammouth, des crottes de
lapins.
" - Ah, mais quelle horreur", s'écria-t-il tout à coup, au,
comble du désespoir.
" - Ah, mais quelle erreur", répondit l'écho en écho.
Le lapin qui était sorti de la maison n'était point parti
pour cacher de quelconques œufs de Pâques, mais simplement était allé assouvir
quelques besoins naturels qu'il n'avait pu satisfaire au cours de cette longue
journée passée dans la maison sans pouvoir sortir.
La morale de cette histoire, c'est que notre ami Pacman
aurait été mieux inspiré que de rester sagement avec ses petits camarades à
attendre impatiemment, certes, mais attendre tout de même que le moment soit
venu de participer à la fête.
Au lieu de cela, il n'avait pour seul butin que de petites
crottes de lapins.
Mais comme à toute chose, malheur est bon, dit le dicton, et c'est
ainsi que Pacman sût que Jeannot le lapin n'était point un ovipare, mais un
mammifère rongeur et il se dit que l'année prochaine, il se cacherait, mais
cette fois-ci dans le poulailler. |